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2007


Le Salon du cheval d'Avignon

Rencontre avec Jacqueline RIPART


« J’irais jusqu’au bout du monde » (1996), « chevaux d’Amérique » (2004) « Voyage en Mongolie et au pays des Tangoutes » (2007), «  Adieu Goulsary – le vieil homme et le vieux cheval » (2012), autant de livres, des films, des reportages…

Elle s’appelle Jacqueline RIPART et tous les amoureux du cheval, du voyage et de l’aventure humaine la connaissent. Elle a 57 ans et on lit dans ses yeux bleus délavés et son visage marqué, le poids des combats qu’elle mène depuis des années. Elle aurait pu être épouse, mère au foyer « mais il y a déjà tellement d’enfants à s’occuper… ». Nous l’avons croisé au salon du livre au Haras de la Cense, puis au festival du film à Compiègne et encore au Saintes Maries de la mer, ou inlassablement, elle raconte son dernier combat pour la réintroduction du cheval Kirghiz.  Mais c’est en Avignon, à Cheval Passion, que nous la retrouvons.

Gilbert DE KEYSER et Jacqueline RIPART
 

Cette fois-ci,  elle a dû déplacer des montagnes, puisqu’elle a ramené dans ses bagages trois habitants de ce petit pays de Mongolie. Je ne dois pas la "rater", d’une part parce qu’il est important de relayer son combat et d’autre part pour lui insuffler   de l’énergie, car ce que le temps et les difficultés  dilapident le plus vite c’est « l’énergie ». 

Elle est née à Paris et sa passion « naturelle »  c’est la musique. Premier prix de l’École nationale de musique d’Aix-en-Provence en 1974, elle obtient une licence de musicologie de la faculté des lettres d’Aix-en-Provence et une maitrise électro-acoustique. Mais revenons en arrière : Nous sommes à Barcelonnette, dans les Alpes,  durant les grandes vacances,  elle a 7 ans et gagne une heure d’équitation. C’est le déclic. Elle ne quittera plus le « mystère » cheval. Elle fait sa première randonnée dans le Lubéron. Jusqu’à 18 ans, elle apprend l’équitation, puis participe à des compétitions de CSO et complet. Elle passe avec succès le BESS 1 (monitrice équestre). Au championnat de France de 1974 à Compiègne, premier coup de « canif » dans l’idéalisation de sa relation « équine ». Le cheval qu’elle monte lui est retiré. Sa propriétaire ne veut plus qu’elle le monte. Qu’à cela ne tienne, elle organise une opération et elle « vole » le cheval. Mais, au terme de cette histoire rocambolesque, orpheline de coeur, elle retourne à la musique, ou elle « monte » un quartet. Au terme de 7 années d’itinérance musicale, elle arrête 
« Ce n’était pas une vie pour moi ».

En réalité, sa formation d’ingénieur du son, l’emmène vers la télé,  puis vers le journalisme, vers l’écriture et surtout vers les voyages. Elle travaille, entre autre,  pour France 3, France 2, RFO... En 1986, elle tourne un premier film,  sur la randonnée d’un précurseur du tourisme équestre, Henry ROQUES, qui part du Mont Ventoux jusqu’au Palais des Papes en Avignon. Elle créait  avec Bruno ROUAN « Cheval nomade » avec lesquels elle propose des randonnées  dans le sud de la France. Puis, c’est le départ vers les grands espaces, en Espagne, au  Maroc, en Tunisie, puis en Mongolie. En 1985, elle réalise un film documentaire « Chevauchée en Avignon », qui la conduit vers le métier de journaliste et elle publie dans de nombreux magazines.

 

C’est en  1991 qu’elle découvre, dans le désert du Namib, des chevaux qui vivent encore à l’état sauvage, relâchés par l’armée allemande en 1914 : « je suis resté près du point d’eau, ou ils venaient s’abreuver. Pendant des jours, je suis resté assise, attendant que les choses se passent et que le troupeau m’accepte. Puis je suis parti avec eux, devenant leader du groupe, marchant des jours jusqu’à revenir au point d’eau. Cela a duré 4 ans, années au cours desquelles  j’ai pu engranger de la matière pour écrire et décrire les comportements de ces chevaux libres de toutes entraves. Cette étude m’a amené à condenser les informations pour en faire un livre « Ma vie avec les chevaux du bout du monde (Belfond, 1994) ». Puis les chevaux sont vendus. Arrêt de l’étude.

La soif de voyager la poursuit et après Christophe COLOMB, elle redécouvre l’Amérique du Sud et les chevaux Criollos. Les vaqueros et des cavaliers amérindiens, sujet de son  livre  « Les Chevaux de l’Eldorado (Belfond, 1997) ».

 

Un nouveau combat s’offre à elle, en Asie Centrale, auprès des anciens nomades Kirghiz, devenu sédentaire du fait de l’oppression de l’URSS : « ils ne vivaient plus dans les yourtes ancestrales, ils n’avaient plus de chevaux, ils n’avaient plus de dieux. Ils n’étaient plus des cavaliers. Ils avaient perdu leur artisanat, on leur avait confisqué leurs coutumes et leur dignité ». Jacqueline RIPART songe à tout cela en élaborant les stratégies de reconquête : la réintroduction du cheval Kyrgyz en créant une fondation et les guides du Pamir pour développer le tourisme. Cela fait maintenant 14 ans qu’elle se démène, en tenant compte de tous les aléas politiques,   des difficultés géographiques et climatiques, de l’économie moribonde.  Elle court les donateurs pour financer les projets, se fait aider par l’ambassade de France. Il lui semble fondamental de changer l’idée que les Kirghiz se font d’eux-mêmes, après des années de colonisation russe.

Jacqueline RIPART appartient à la Société des explorateurs français et préside l’Association française du cheval kirghiz. Elle a été, en 2007, la première personne étrangère à recevoir à Bichkek le prix de la présidence de la République pour sa contribution à la promotion de la culture kirghize :
« je continue le travail commencé à partir d’un programme en plusieurs points. La musique, l’éco-tourisme et l’artisanat.  Bien sur, le cheval redevient important. D’abord pour ce qui concerne l’élevage, en faisant en sorte qu’il n’y ait pas de consanguinité, ensuite en redonnant au cheval sa place sociale, pour le travail, pour les jeux, pour les courses, pour les crins… Il y a encore beaucoup du travail à accomplir, sans savoir ce qu’il en restera ? ».

Pour nous, en France, loin, très loin de ce pays difficile, rugueux, abrupt, nous voulons croire à la volonté inébranlable de Jacqueline RIPART, mais il ne fait pas de doute qu’elle a et aura besoin de tout le monde pour mener à bien l’entreprise énorme qu’elle s’est fixée.

Gilbert DE KEYSER




 



Crédit photos : Fleur TENE


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