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2007


Le cheval en espagne

Rencontre avec Vincent MADRID


LE CHEVAL EN ANDALOUSIE
Eleveur de Pure Race Espagnole


Gilbert DE KEYSER / Vincent MADRID

Qui ne connait pas le nom de Vincent MADRID, en France, en Camargue, n’a jamais approché ces magnifiques chevaux espagnols, de pures races, sur les salons du cheval, dans les concours de modèles et allures, ou encore dans son élevage, du côté de Lunel, puis dans le Gers. Il aura été un des meilleurs représentants de la race, et sans aucun doute un animateur et un leader, permettant à ces chevaux de s’introduire en France mais aussi de créer les conditions d’un stud-book reconnu. Finalement, c’est en Espagne, en Andalousie précisément que nous le retrouvons. 

Vincent MADRID a 52 ans. Il est né en Espagne, mais a rejoint la France à l’âge de 2 ans, dans les bagages de sa famille, qui étaient des émigrés économique. Son grand père était maquignon à Valencia, il importait des mules pour le travail agricole, et l’atavisme ne manquera pas de frapper, chez lui ainsi que chez son frère. Mais son père fait le maçon : « comme tous les espagnols à cette époque ». Il  vit avec les gardians, travaille les toros, apprends à monter à cheval – à la Camarguaise -, mais le démon de l’élevage le prend, ainsi qu’à son frère.

Il achète une première jument en Espagne, « JABATE » et gagne son premier concours de modèle et allure. Arrive la peste équine, les abatages en masse et surtout l’impossibilité de faire venir des juments en France. Trois ans plus tard, les concours sont de nouveau autorisés. Ils achètent des juments à Jiménez MONTEQUI, à Gérone, et débute alors l’histoire de l’élevage des frères MADRID.  Il entre dans l’association des éleveurs de pure race et devient en 1983 le président de l’Association des Pures Races Espagnoles (APRE).
Pendant 10 ans, il fait feu de tout bois et on le trouve dans les salons du cheval avec un espace spécialisé de plus en plus grand, il travaille avec les espagnols et avec les Haras Nationaux sur le puçage, sur la création d’un stud-book et la mise en place des arbres généalogiques.  Les signalements sont effectués par les espagnols venant en France et le standard porté par l’Espagne /

« Les haras ont fait pression pour que tout passe par eux, mais nous on ne voulait pas de papier français. En 1990, le ministère agricole espagnol, délègue  l’administration des signalements équins aux militaires.  L’association devient plus importante et entreprend de faire à Avignon, l’année  de l’Espagne. Et c’est un succès. On créait  la fédération internationale (la FICE)  et j’en devient le vice-président ».

On pourrait croire que la pure race espagnole avait acquis ses lettres de noblesse et que rien ne pouvait lui arriver. Sauf « la crise financière mondiale» !

Quelques temps auparavant, il parle de vendre sa propriété Camarguaise à une agence, « pour voir ce que ça vaut » et il fixe un prix surélevé, finalement pour ne pas avoir d’acheteur :

« Le lendemain, je reçois un coup de téléphone, des Gypsies King, les chanteurs. Deux jours après, la propriété est vendue. Mais je ne voulais pas arrêter d’élever des chevaux, et donc j’ai acheté une propriété dans le  Gers, non loin de Vic Fesansac. J’avais une quarantaine de chevaux, mais ce n’était plus comme avant »

Retour sur l’Espagne de ses parents, et il achète une propriété à Montoro en 2006. Les chevaux se vendent moins bien en France, mais juste avant la crise de 2008, ils se vendent encore en Espagne. Durant quelques années, la vente de PRE fonctionne, mais la crise économique mondiale,  après la Grèce,  traverse toute l’Espagne. L’économie, boostée artificiellement par des fonds européens s’effondre.
Et les chevaux restent dans les prés. Les prix tombent, la demande cesse et la classe moyenne, propriétaire des chevaux de Pure Race Espagnol revendent à prix de plus en plus bas leurs animaux. Beaucoup de chevaux partent à l’abattoir. Fin de l’histoire économique autour des chevaux espagnols.
Mais au fait, qu’en est-il de la culture équestre en Espagne ?

« Il n’y en a pas. Les chevaux sont des affaires de riches, comme les belles voitures ou les belles maisons. L’achat des chevaux  étaient liée à la spéculation. Il s’agissait d’investir et non pas d’utiliser. Il y a peu de pratiquants de sports équestres comme est inexistante l’idée des d’activités de loisirs ou de randonnées. D’ailleurs, on ne voit pas de chevaux dans les campagnes, comme en France ».

Voilà, cette idée préconçue sur la présence du cheval en Espagne est éliminéePour en revenir à Vincent MADRID, il était déjà cavalier classique  en France. Il avait passé le deuxième degré en 1983. Il montait beaucoup avec son ami Jean louis REBUFAT. Sa pratique équestre était suffisante pour choisir une nouvelle voie professionnelle. Il décide donc de créer des randonnées à cheval dans un parc naturel au dessus de Montoro :

« J’ai toujours été aventurier et le voyage à cheval m’a semblé être en adéquation entre ma vie personnelle et le tournant de ma carrière d’éleveur. Par ailleurs à 50 ans, les enfants sont grands, ils partent faire leur vie, la vie familiale en prend un coup et beaucoup  de questions existentielles se  posent à soi. Ce qui fait de moi un homme conscient me rejoint, l’idéalisme qui me pousse vers une vie plus simple, un peu attiré vers la décroissance, vers l’arrêt du gaspillage et le pragmatisme qui est une de mes vertus m’amènent à un choix plus introspectif, tourné vers la nature, attentif aux problèmes écologiques. La solitude ne me pèse pas, elle me nourrit ».

Il fait un stage éco-touristique afin de se préparer à ce nouveau métier. Il participe au tournage d’un film dans le Sud de l’Espagne. Il rejoint l’association AGETREA, au sein de laquelle il milite et en devient le vice-président, chargé des relations avec le syndicalisme français. Il ne se ferme à aucune possibilité « Pourquoi pas des randonnées au Canada ? ».

Il redémarre une nouvelle vie, planté au milieu de centaines d’oliviers, dans une maison qu’il souhaite « arranger » pour y accueillir les cavaliers clients avant de partir en rando et il termine en souriant :

«Je garde  la tête dans les étoiles mais les pieds sur terre ».



Gilbert DE KEYSER / Vincent MADRID

Raphael BELMONTE / Gilbert DE KEYSER / Vincent MADRID

Gilbert DE KEYSER





Crédit photos : Francois Xavier BIGO


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