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Des erreurs sur le guide des métiers du cheval


Pourquoi sous prétexte de vendre du papier, faut-il en passer par des titres racoleurs ou des informations lénifiantes ? Par ailleurs, quel est l’intérêt de donner des informations erronées, pas adaptées ou tronquées ? En tout cas, ce n’est gratifiant ni pour le journaliste, car on peut toujours se demander où il va chercher ses informations, ni pour le journal car le minimum pour la rédaction est de vérifier que les informations sont exactes. Pour finir, ce n’est pas très correct vis à vis des lecteurs qui prennent pour argent comptant ce qu’ils lisent.

Évidemment, tout n’est pas faux dans ce spécial Cheval Magazine mais certaines assertions sont de toute évidence mal traitées voire complètement dépassées : le monitorat d’état (BEES) par exemple ou bien les formations ATE alors que c’est terminé depuis 2002. Nous allons donc traiter divers thèmes qui nous semblent hors de propos. En premier lieu, faut-il revenir sur l’idée qu’il existe dans le monde du cheval un avenir professionnel ? Pour l’instant, la seule certitude est que la filière se structure au sein du monde agricole et qu’il faudra, sans doute encore, quelques années pour que les choses soient claires.

MONITEUR (page16)

La première information à donner est la fin immédiate de ce diplôme. On ne comprend même pas que ce métier apparaisse sur le magazine. Il est caduc. Les formations au BEES 1, option équitation et tourisme équestre, en cours se terminent en 2005. Toute l’activité autour de ce type de métier est changée. La formation et le diplôme, (Brevet professionnel JEPS) se mettent en place. Le décret N° 2001-792 du 31 août 2001 portant règlement général du brevet professionnel de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport puis celui du du 28 juin 2003 portant création de la spécialité activités équestres du brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation populaire et du sport J.O n° 159 du 11 juillet 2003 ont permis de créer les contenus des formations.

Les premières homologations de centres de formation ont eu lieu en début d’année 2004 pour ce qui concerne le Sud de la France. Evidemment, les professionnels en question auront pour mission l’instruction, l’animation, l’encadrement et l’accompagnement. En revanche, le niveau équestre n’est plus défini par les galops fédéraux (lien avec la rubrique). En plus, ce ne sont plus les centres équestres qui font la formation. Ils ne sont que des lieux de stages pratiques. A l’avenir, ils devront payer les stagiaires Il n’est plus nécessaire d’être champion de CSO pour accéder à la formation. Contrairement à ce qui est dit page 18, le BP JEPS est en cours et les inscriptions démarrent. Votre seul correspondant, celui qui pourra répondre à vos interrogations, est la direction régionale de la Jeunesse et des Sports.

ANIMATEUR (page22)

Alors là, c’est le brouillard le plus complet. Il n’existe pas encore de métier d’animateur équestre. Même dans la nomenclature des titres homologués, cela n’existe pas. Le titre d’animateur n’est donné qu’aux possesseurs d’un BAFA (animateur de centres de vacances), ou à ceux qui possèdent le DEFA (animateur socioculturel) ou encore le BAPAAT (brevet d’animateur technicien du sport à option ).


Ce dont il s’agit c’est le brevet fédéral d’animateur poney (BAP). Il n’existe plus en tant que diplôme professionnel depuis 2002. Rappelons-nous que tous les diplômes homologués par le Ministère de la Jeunesse et des Sports ne le sont plus depuis la loi votée en juillet 2000 qui a remplacé celle de juillet 1984. L’article précise de plus, que le CQP que met en en route le GHN pour remplacer le BAP est une sorte de diplôme. Ce n’est pas le cas, car il s’agit en fait d’une validation d’expérience (VAE). C’est un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP). Par ailleurs ce n'est pas le GHN qui le met en route mais la Commission Paritaire Nationale des Entreprises Equestres (CPNE EE). Pour l’instant, le Ministère des Sports ne parle pas de cesser le BAPAAT, qui reste le seul diplôme de niveau V.

ENSEIGNANT NON DIPLOME (page23)

Ce qui est dit est malheureusement ultra faux. Le texte de la loi 2000 (article 43) est particulièrement clair (nul ne peut enseigner, animer, encadrer ou accompagner contre rémunération s’il n’est titulaire d’un diplôme professionnel homologué) ce qui veut dire que l’action bénévole est écartée de ce contexte. Rajoutonsr que l’on ne peut être rétribué en France sans être salarié ou patron. Cela sous entend qu’une activité professionnelle est obligatoirement salariée (avec un bulletin de paye) pour une activité précise et qu’une activité bénévole est exempte de rétribution donc de bulletin de salaire (même si parfois le bénévole reçoit des remboursements de frais ou des émoluements) par exemple. Contrairement à ce qui est sous-entendu dans le texte d’explications, ce n’est pas l’action bénévole qui est interdite mais le travail rémunéré sans diplôme (comme quoi on comprend ce que l’on veut !).

Donc, contrairement à ce qui est stipulé, un bénévole peut bien enseigner, accompagner ou animer. La loi 43 de juillet 2000 ne le concerne pas. La mise hors la loi de l’enseignement pour des accompagnateurs ou des BAP est bien réelle du moment qu’ils sont salariés (ou patrons) pour leurs actes professionnels. Une fois encore, il faut lire les textes de loi tels qu’ils sont donnés et non comme les interprètent ceux qui luttent contre la concurrence. Enfin, n’oublions pas que l’article 45 de la même loi donne le pouvoir aux fédérations unitaires ou affinitaires de former leurs adhérents et leurs dirigeants. C’est ainsi que l’on trouve des formateurs en natation ou en ski au sein de fédérations multi sports (Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT) par exemple).

EDUCATEUR / CHUCHOTEUR (page 32)

Sans doute, cette partie de l’analyse sera la plus difficile à contrôler, tant elle appelle commentaires, suspicion et colère parfois. Ce qui est très affligeant, c’est de jouer sur le sentimentalisme et l’anthropomorphisme ambiant. On n’oubliera pas non plus que découvrir le dressage des chevaux renvoie à l’inefficacité de nos anciens. Or, on dresse des chevaux depuis des centaines d’années. Enfin, la vie ce n’est pas du cinéma, et Robert REDFORD qui chuchote à l’oreille des chevaux aura fait beaucoup de mal à la réalité de la relation homme / animal.


Le plus dramatique aujourd’hui est l’inadéquation entre ce qu’entendent les jeunes et les phantasmes qui en découlent. D’ailleurs, le journaliste dit « le métier n’est pas officiellement reconnu ». Ce n’est pas un métier, c’est une activité inventée par les américains pour gagner de l’argent sur la crédulité des amoureux du cheval. Il existe un métier d’éthologue dont la fonction est l’étude des comportements des animaux en groupe. En revanche, ce travail se fait dans la discrétion la plus totale, puisque le but est de ne pas polluer le comportement habituel des groupes. Inutile de dire qu’il ne s’agit certainement pas d’équitation éthologique. Le seul à gagner de l’argent pour l’instant, c’est le Haras de la Cense qui propose des stages et aujourd’hui la FFE, jamais à la traîne pour gratter des adhérents, grâce à de fumeux diplômes fédéraux.

Quelle tristesse de lire des propos aussi loin de la réalité « n’en déplaise à ses détracteurs, la révolution éthologique est en marche et semble promue à un bel avenir ». On parle même de "nouveaux maîtres" (maître de quoi au juste ?). Revient également en force l’inévitable FFE et la référence au Ministère des Sports (pour du dressage ?). Pour répondre au problème du métier, encore faudrait-il savoir s’il existe une clientèle. Quand on voit la difficulté des professionnels du dressage pour trouver un client qui va lui payer 2000 € pour mettre un cheval aux ordres, on imagine mal un nouveau métier faisant doublon avec le premier. Et puis enfin, est-il réaliste et honnête de laisser rêver des jeunes sur des professions qui n’existent que dans une marchandisation forcenée ?

ACCOMPAGNATEUR DE TOURISME EQUESTRE (page 38)

Voilà le sujet qui fâche ! Plus que tous les autres sujets traités, celui-ci me tient particulièrement à cœur tellement il a été source d’infos, de contre infos, puis de textes de loi qui changent au fil des mois, sans compter les façons d’interpréter de ceux qui vendent des formations (soi disant professionnelles) à des gens qui se laissent ainsi avoir. Que dire des milliers de possesseurs d’ATE qui ne travaillerons jamais avec ? Que dire de tous ceux qui ont cru, qu’avec un diplôme fédéral, on pouvait accéder à un cursus professionnel équestre ? Pour en revenir à ceux qui ont profité du système, voire qui l’ont mis en place, faisant fi de l’intérêt de la profession et des citoyens, on ne peut que se poser des questions sur leur volonté.

Il n’est donc pas étrange qu’un journaliste qui cherche à écrire sur les métiers de l’accompagnement s’y perde, car s’il pose des questions aux responsables de la FFE-CNTE, il obtiendra sans doute des réponses rassurantes et d’apaisement. En revanche, lorsque l’on connaît le passé, la place des uns et des autres, les choix politiques, on se heurte à l’inexplicable. Le plus simple, sans doute, est de référer à la loi et seulement à la loi.

Les diplômes ATE, GTE et BAP ont été homologués par le Ministère de la Jeunesse et des Sports en mai 1995. Ils n’étaient pas les seuls, puisque beaucoup d’autres diplômes fédéraux l’étaient également (tir à l’arc, natation, canoë kayak…). Ils furent homologués pour quatre années, c’est à dire jusqu’en 1999.

Entre temps, les députés travaillaient sur une nouvelle mouture des lois régissant le sport plus en conformité avec le code du travail et les directives européenne . Les homologations furent donc prorogées jusqu’en 2000. En juillet 2000, les nouveaux textes sortent et entre autres, ils suppriment toutes les homologations fédérales en même temps qu’ils mettent en route le brevet professionnel JEPS (qui remplace le monitorat d’Etat).

Au mois de décembre 2000, un décret informe que tous ceux qui possédaient un diplôme fédéral avant le 31 décembre 2000 peuvent continuer à travailler. De nouveau au mois de juin, un texte indique que ce délai est repoussé au 31 décembre 2002. On aura compris que pour autant l’ATE n’est pas de nouveau homologué. L'état a simplement voulu éviter un vide juridique qui placait des miliers de diplômés fédéraux (tous sports confondus) dans l'illégalité.

Enfin, dans le même esprit, un nouveau décret termine l’histoire en précisant que les diplômes homologués cesseront d’être autorisés pour ceux qui l’auront eu entre 2002 et 2005. Pour pouvoir exercer, les professionnels devront avoir obtenu un Certificat de Qualification Professionnelle (CQP). En revanche pour ceux qui possédaient l'ATE avant 2000, ils pourrontcontinuer de travailler avec.

Pour en revenir à l’article en question (page 38 et 39), il est copie conforme de ce que prétendent les responsables fédéraux et syndicaux spécialisés. On peut comprendre à sa lecture que l’ATE nous conduit vers un diplôme professionnel. Ce n’est pas le cas, puisque pour espérer travailler avec, il faut le transformer en CQP. Notons d’ailleurs que la validation des acquis nécessite beaucoup plus qu’une formation de 600 heures. La formation d’ATE est donc présentée comme d’actualité ce qui n’est pas le cas non plus (voir les textes de loi). On y retrouve dans la présentation « cette formation conduit au diplôme d’ATE, homologué par le Ministère de la Jeunesse et des Sports ». C’est impossible puisque la loi (juillet 2000) interdit à tous les Ministères d'homologuer quelques diplômes fédéraux que ce soit. En revanche, cette analyse ne met pas en cause les contenus de formation qui menent aux examens d'ATE et de GTE. Mais il n'st qu'un diplôme fédéral de la FFE-CNTE

Charles DUCASSE

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